Friday, December 3, 2010

Aubrac : Aveyron (Rouergue)

Les Monts d'Aubrac constituent un plateau à cheval sur trois régions distinctes héritières des cités gauloises : le Rouergue des Rutènes, le Gévaudan des Gabales et l'Auvergne des Arvernes. L'Aubrac est attesté Altobraco dans les textes anciens, peut-être à mettre en relation avec le celte braco qui signifiait "humide" : il semble que la région est longtemps restée forestière avant d'être mise en valeur au Moyen-Âge via des institutions chrétiennes.

The Mounts of Aubrac constitute a plateau spanning three distinct regions heir to Gaulish cities : the Ruteni's Rouergue, the Gabali's Gévaudan and the Arverni's Auvergne. Aubrac used to be known as Altobraco in ancient Latin texts, it might be related to Gaulish braco=humid : the whole area used to be a great forest before being exploited by Christian medieval institutions.




  • Echantillon représentatif / Sample :

Taille réelle / Full Scale


  • Analyse anthropologique sommaire / Brief anthropological analysis :


- Type 2 : Complexion intermédiaire (yeux noirs, cheveux châtains, ...), leptomorphique, face large, long nez implanté haut et convexe, yeux rapprochés, mâchoire très large et bombé, menton pointu
~ Méditerranéen dinaromorphique

Intermediate complexion (dark eyes, chestnut hair, ...), leptomorphic, large face, long and high-rooted convex nose, close-set eyes, very large and bombed jaw, pointy chin

~ Dinaromorphic Mediterranean






Il s'agit du phénotype de base de la France du Sud-Ouest, de plus en plus rare à mesure que l'on s'enfonce vers le Massif Central. Sur ce canevas méditerranpïde, on rencontre une variante très localisée caractérisée par un nez bouffi et large, une mâchoire également large, des oreilles décollées, des yeux distants, ... C'est un phénotype très typique que l'on retrouve parfois ponctuellement en Auvergne voisine : il reste à en déterminer l'étendue véritable

This is a common type in SW France which gets rarer as one penetrates into deep Massif Central. On such Mediterranoid canvas, one can notice the existence of a very localized variant characterized by a puffy and large nose, large jaws, jug ears, ... It is a very typical phenotype which happen to be found on some occasions in neighbouring Auvergne : we have yet to define its true extension.





- Type 2 : Complexion intermédiaire, brachymorphique, traits bouffis, tête large et carrée, yeux distants, mâchoires larges, nez convexe
~ Dinaro-Alpinoïde

Itermediary complexion, brachymorphic, wide and square-box face, puffy features, distant eyes, large jaw, convex nose
~ Dinaro-Alpinoid




C'est le type guyennais par excellence, que j'ai pu dans d'autres échantillons régionaux classifier comme variante plus brachymorphique du premier type et intermédiaire avec les types alpins, cela revient au même à ceci près qu'il est ici très dominant d'où une catégorie à lui tout seul. Je tâcherai dans des articles récapitulatifs de mettre totalement en cohérence ma typologie.

On trouve enfin un type plutôt féminin - caractérisé par des traits réduits (nez concave, ...) et une complexion plus claire - que l'on dit généralement "alpin/subnordique".

This is the archetypal Guyennais type that I may have classified as a more brachymorphic variant of Type 1 in other regional samples : it doesn't change its intermediate character announcing Alpinoid types except that it is quite prevailing in that area hence why I "promote" him. I'll give coherence to my typology in summary articles I have yet to write.

Eventually, a rather feminine type - characterized by reduced features (concave nose, ...) and a lighter complexion - generally named "Alpinid/Subnordid" can be noticed.



  • Morphotypes finaux / Final morphotypes :

4 comments:

  1. Bonjour,
    Le lien physique, du point de vue anthropologique, commun à à peu près les peuples du sud de la France, c'est les variantes méd-dinarisées au fond ? Avec une coloration atlantide vers l'ouest et alpinoïde vers l'est ? Passé un certain gradiant au nord, les profils sont et moins méditerranéens, et moins dinarisés (au niveau du nez moins convexe par exemple). Cela concourt vers une plus grande latinisation/romanisation du sud de la France (et les arabes arrêtés à Poitiers maybe ?)

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  2. A mon avis, donc il faut le prendre pour ce qu'il est, il s'agit plutôt d'un reliquat plus ou moins entamé selon les régions des phénotypes des populations originelles de l'espace franco-cantabrique. Cela dit, tout cela doit être plus compliqué, je ne sais même plus jusqu'où ces phénotypes se retrouvent au fond, ni quelle est leur relation "visuelle" avec les phénotypes atlantides de la façade atlantique.

    In fine, j'adopterais presque une attitude dadaïste : on constate un phénomène, c'est comme ça, il ne faut pas chercher à l'expliquer, on peut au mieux le cartographier. Cela dit, je ne me contente pas de cette attitude, donc ma théorie est la suivante : c'est un trait ethnique plus ou moins diffus en fonction de l'éloignement du foyer originel franco-cantabrique, il disparaît massivement à l'Ouest quelque part en Cantabrie, au Sud très nettement vers Soria (au Sud de l'Ebre en Aragon), à l'Est il me semble se prolonger en continuum jusqu'aux populations ligures d'Italie du Nord (mais il s'évanouit assez vite dans la vallée du Rhône, également des Alpes), au Nord je ne sais pas, il me semble que tout l'Ouest français présente des affinités pour tout dire, mais enfin pour bien dire, il semble bien que l'entrée dans les pays poitevins après la Gironde constitue une première frontière. Il me semble également que les anciennes frontières de la Guyenne correspondent assez à une limite Nord convenable, à savoir qu'au delà on entre en Limousin ou en Auvergne (la Corrèze semble encore Sud-Ouest en fait, et inversement le Périgord est très distinct).

    J'en reviens au dadaïsme : chaque micro-région a son histoire ethnique distincte.

    NB : Pour ce qui est des Arabes, la génétique semble claire : il n'y a aucun apport génétique nord-africain en France. En Europe, c'est en Ibérie de l'Ouest (Portugal, Galice, Léon, ...) que l'apport est le plus fort (jusqu'à 10% du génome) mais comme ces terres n'étaient pas comprises dans Al Andalus, il s'agit probablement de migrations néolithiques, peut-être la culture ibéro-maurusienne ?

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  3. Donc, avec le seul outil des morphing et de l'analyse, il serait malvenu de tirer toute conclusion hâtive ou simpliste (l'histoire des peuples ne l'est pas ?). En tout cas je suis d'accord pour dire que le Périgord m'a très surpris aussi.

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  4. Il ne faut pas être timoré non plus : quand à 100km de distance, des individus ont en moyenne les mêmes tronches, on doit pouvoir en déduire que le peuplement a été identique. Après, arriver à attribuer à un événement historique précis tel ou tel espace phénotypique, j'en suis incapable. Prenons un exemple : on distingue clairement une zone ethnique "bretonne" qui s'oppose frontalement aux pays poitevins de la côte atlantique et encore plus aux pays normands. Donc, on a confirmation que le fait breton est aussi un fait ethnique. Très bien, mais comment l'expliquer ? Migrations britanniques de masse (mais les Bretons n'ont pas des gueules de Gallois) ? Résidu paléolithique (mais les Bretons n'ont certainement pas des gueules de Basques) ? Ou tout simplement évolution in situ tout au long des millénaires ?

    Voilà une théorie explicative assez intéressante : l'apport des migrations néolithiques en France a été très réduit comme dans le reste de l'Europe de l'Ouest (en France, c'est 10% du génome selon des études récentes), l'air de famille que nous constatons entre des populations appartenant à une même ethnie est ce qu'il est, un air de famille, à savoir que ces populations sont le fruit d'un isolement, d'une sélection dans des circonstances particulières. Quand à des kilomètres de distance on constate ce même air de famille, c'est qu'il y a espace ethnique commun.

    Dans tous les cas, seule la génétique possède la solution, nous ne pouvons que conjecturer avec ce travail. Maintenant, s'il faut conjecturer sur l'Aveyron, voilà ce que j'en dis : la plupart des individus ont des gueules du Sud de la France assez indifférenciées (on trouve les mêmes en Ardèche, dans l'Hérault, ...), les variantes dinaromorphiques indiquent quant à elle une orientation Sud-Ouest marquée, car en effet, le trait ethnique du Sud-Ouest de la France, pour parler trivialement, ce sont des pifs énormes.

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J'ai choisi de laisser les commentaires ouverts. Cependant vous perdrez votre temps à me sermonner et à me traiter de fasciste (ce que je ne suis vraiment pas) : je vous prie de lire mon introduction qui saura vous rassurer quant à mes intentions. Dans l'amateurisme le plus complet, je n'agis que dans un but de connaissance. Je comprendrai aisément que vous ne partagiez pas mon intérêt pour l'histoire du peuplement du monde, abstenez-vous de vous donner facilement bonne conscience sur le dos d'un travail qui se veut avant tout documentaire et humble.

I've chosen to let people comment freely on my posts. Nevertheless, you'll lose your time taunting me and calling me a fascist (which I'm really not) : I pray you to read my introduction which will reassure that my intentions genuinely aim at achieving amateurish knowledge. I understand that you may not share my passion for the history of the peopling of the World, just don't let me know as clear conscience gained by bashing a humble documentary work is useless.

http://anthrofrance.blogspot.com/2009/05/introduction.html